dimanche 8 août 2010

Dziguédzine!


J'ai parfois la profonde impression de regarder ma vie passer.

Avant, lorsque je considérais le futur, et surtout toutes mes incertitudes qui y étaient reliées, je paniquais. Et quand je dis paniquer, c'était littéralement ça. Palpitations, vertiges, tutti quanti. Une sensation de vide dans la poitrine.

Depuis, j'ai appris à être davantage dans mon corps, et bien que ce soit un exercice à répéter à tous les jours, c'est encore la meilleure façon que j'ai trouvé pour rester dans le ici-maintenant. Je me suis rendue compte, par exemple, que d'ouvrir mon coeur, d'imaginer mon souffle caresser mon coeur, m'apaisait énormément.

Mieux : la franchise (le plus souvent possible, on s'entend!), surtout dans mes relations intimes (famille, amis, amoureux), me permettait de ventiler cette pression, d'être plus près de moi-même, et moins aliénée à cette perception que j'ai de ce que les autres peuvent penser de moi et de mes agissements. La franchise facilite donc un véritable contact avec moi-même, et avec mes limites. Processus toujours en évolution certes, comme chaque humain sur cette terre, mais qui porte ses fruits.

On choisit ce que l'on vit. Je sais que pour certains, cette phrase peut sembler horrible, mais je suis persuadée de sa véracité. Je crois fermement que l'on vit ce que l'on souhaite. Inconsciemment ou consciemment.

Je me rappelle d'une terrible époque de ma vie, où je me fuyais et je ne prenais pas soin de moi. Tout m'est arrivé à ces moments, et je me sentais victime de chaque emmerde qui m'arrivait. Avec le recul, je sais que ces moments-là, je les ai carrément demandés. Je voulais aller au bout de moi-même, de ma santé, pour tester mes propres limites, et tout y est passé. Inconsciemment, je sais maintenant que je voulais vivre ces horreurs pour me confronter à moi-même une bonne fois pour toutes. Et ne plus avoir le choix. Me voir dans le miroir, et que le reflet me claque les joues tellement fort que l'évidence triomphe : faut que ça change. Arrêter de branler pis change. Arrêter de brailler, de chialer, arrête de t'saboter pis botte-toi le cul pour VRAI, dziguédzine!!

J'ai eu mal au cul pendant un boutte. Avec le recul, cette grande noirceur, c'est dans les meilleures choses qui me soient arrivées.
Intéressant exercice que d'écrire. Et de savoir qu'au moins une personne lira (possiblement) ces mêmes écrits. Personnellement, je réalise que d'écrire me permet de mettre à nu plus aisément mes pensées, qui s'avèrent davantage concises lorsque je sais pertinemment qu'il y a de grandes chances qu'un esprit autre que le mien y pose son attention. J'imagine alors que ce besoin de se faire comprendre, reconnaître, besoin essentiel dans le développement humain, y est largement impliqué.

Une aimable suggestion m'a été offerte hier. Comme un cadeau tout simple, mais qui revêtait une belle honnêteté, et une belle opportunité pour moi. Un ami a lu quelques de mes textes, et m'a dit que je pourrais songer à écrire un livre. Cette pensée m'a fait sourire, et j'ai dû m'admettre que j'ai parfois songé à cette aventure. Je tente même de repousser cette vile tendance à ne pas m'en croire capable. Puis toutes ces fichues cassettes sociétales et parentales suivantes : «le marché est dur pour les écrivains», «faut être la meilleure pour réussir dans ce genre de domaine»... Mais merde! Que fait-on de la merveilleuse chance qu'est la création pour s"épanouir comme individu? Elle doit être exploitée au maximum! Et non repoussée de la main parce que les risques sont non contrôlables! Quelle farce!

Personnellement, je me propose d'écrire le plus souvent possible. Sur ce blog, dans mes chansons, et pas pour laisser une trace, mais pour être vivante ici et maintenant. Et si ça perdure, mais c'est ben cool. Et puis sinon, ben je pourrai dire au Grand manitou que je me suis fait du fun à tout expérimenter ce que j'en envie d'expérimenter. That's it.