dimanche 15 janvier 2012

Beuverie poétique

Des fois, je m'étonne moi-même.
Engorger autant d'alcool
Autant de levure vivante...

Au goût de miel, au goût de lime,
M'assombrir de rythmes saccadés
On parvient à un niveau éphémère, à une félicité, à une frénésie éthérée

Les corps se précipitent derrière le bar, à verse, comptabiliser, veiller.
À toucher les épaules en signe d'allégeance ; je t'aime, tu payes bien, et c'est bien.

Mais ce sentiment n'en est pas moindre... Car je soupçonne tout barman de vraiment aimer ce qu'il fait, la complicité qu'il entretient à coups de shooters et de hi five.
Et tous ces barmen ont fondamentalement quelque chose de tendre et d'avenant sur la bouche, entre les bras.
J'attends l'étincelle
Devinez ce qu'il y a à en dire
Lanternes, sonnez le gong
Pressons le pas

Car si je vois bien
Si la distinction est telle
Si au-delà de tout, contre et envers
Je respire à ce que je crois
J'aspire à ce que je veux

Le train est en marche
Et les rails se suivent
Les traits diffèrent
Pour le mieux, désormais
J'approche de ce qui fut
L'éclat de sa venue se pointe
Timide... mais à peine
Car les souvenirs fourmillent encore

Et l'ancienne beauté me cligne aux lèvres
J'en gave mes cils, mes paumes en gardent les délices

Je me porte le plaisir en gueule
Et ça se jouit de moi

mercredi 28 décembre 2011

Maudit temps des Fêtes...

Toute jeune, le temps des Fêtes, c’était l’occasion de jouer plus au Super Nintendo avec ma sœur, descendre dans le champ en pente en crazy carpet, être super excitée à l’idée d’ouvrir mes cadeaux. En quelques mots, c’était l’extase! Tout me semblait beau, magique!

Mes yeux de nouvel adulte me rend grissailleux le temps des Fêtes… Non seulement suis-je célibataire depuis peu, avec bien entendu son lot de gaffes post-relationnelles avec le dit monsieur, et cette espèce de fichu vide dans la poitrine en pensant à lui, aux remarques décourageantes de mon oncle «Es-tu seulement sûre qu’il t’ait aimée? Oui? Autant que toi tu l’as aimé? Ah, tu vois…» Alcool, solitude au milieu de la foule familiale, les cousins avec leur toute nouvelle et charmante progéniture, la culpabilité de tout : manger, pas assez manger, trop bu, donner, pas assez donner, trop recevoir, pas assez aider, etc.

J’adore ma famille, mais pas trop souvent, et pas trop longtemps. Suis-je méchante? Je ne crois pas. Je me sens souvent comme une biche dans une famille de ratons laveurs. On mange pas la même chose, c’est pas les mêmes sujets qui nous touchent ou nous repoussent, notre milieu naturel n’est pas le même. On reste des petits animaux sensibles mais bien dissemblables.

Et ce cerf que je pensais avoir trouvé, et qui faisait la paire,… Ce qu’il me manque. Alors que j’ai amplement le temps de penser et de ressasser le cours des événements, j’en viens à remettre en question tout ce que je croyais. Ai-je été aimée?

Me semble qu’on est bien loin des contes de mon enfance. À bien y penser, ce cerf était sûrement plus raton que cervidé, finalement.

J’ai juste hâte qu’il fiche le camp de mon cœur une bonne fois pour toute.

mercredi 27 avril 2011

Ma langue. Oui. Ma langue.

Peut-être trop aiguisée? Certainement déguisée. Surtout ces temps-ci.

Ben ma langue, j'y tiens. Je n'ai rien à priori contre les anglophones. Les fois où je suis sortie du Québec, j'ai particulièrement apprécié pouvoir dialoguer dans cette langue si répandue. C'est magnifique parce qu'il est possible de se faire comprendre autant des Hollandais que des Italiens, et même des Péruviens. Magique quand même! Mais quand je suis peinarde en train de magasiner au centre-ville, et que je dois quasiment harceler un employé d'une certaine chaîne de vêtements un peu cheap pour adolescentes pour simplement savoir où sont leurs cabines d'essayage, et qu'il n'est même pas foutu d'approximer un français «au fond à droite»... merde que je suis découragée. Non seulement les jeunes ont-ils un terrible français, empiré avec les sms, textos, patentes à gosse techonologisées... mais aucun effort n'est fait pour obliger les employés à savoir un gros minimum de français.

À l'heure où l'on parle de l'expresse obligation d'être fluent en anglais pour avoir un poste (aussi banal soit-il), c'est quasiment optionnel (voire juste optionnel) de parler la langue officiel de la province. Bordel! On n'est pas en Ontario à ce que je sache! Ou au Yukon!

Je me rappelle avec un peu de nostalgie ma prime jeunesse. J'habitais à NDiGi dans le temps. J'allais à une grosse école francophone, mes voisins de gauche et de droite étaient anglophones, et j'étais sincèrement persuadée que c'était les seuls de tout le quartier, que le hasard avait fait en sorte qu'ils étaient nos voisins et c'est tout. Ils étaient gentils, et j'étais véritablement incapable d'échanger le moindre mot avec eux. C'est eux qui s'adaptaient et je croyais que c'était normal.

Les temps ont vraiment changé. Et je me sens un peu nounoune là. Et un peu désillusionnée.

samedi 2 avril 2011

Accoudé, tout contre un mur trop chic de briques trop froides. Je voudrais que ce mur soit en Europe. Ou à Chibougamau. Juste pour pas qu'il soit ici. Où je revois encore et toujours le même panorama. Où mes semaines se ressemblent. Là où mon existence s'éloigne d'une pièce de théâtre ou d'un film épique. J'ai parfois tellement l'impression d'avoir appris à faire des concessions! Et croire tous ces gens qui me disent que la vie est dure et chienne! Et que c'est une grosse beurrée de marde! Criss! J'ai l'impression qui se passe rien dans ma vie! Le pire, c'est qu'ironiquement, je cherchais cet état de calme (bien que je l'ai toujours fui!) Et là, c'est l'inverse! C'est trop de «bien sûr que ça va», «j'shus encore capable d'en prendre», «ça change pas comme je me sens avec toi»... Alors qu'en vérité, ça change ce que je ressens! Et que j'ai juste trop peur de blesser pour le dire à voix haute, et je me ramasse à l'écrire sur mon blog. Je ne crois pas qu'il lise (s'il fallait qu'il le fasse...), et c'est bien mieux ainsi.

Quand est-ce qu'arrête la compréhension, les concessions? Mes limites, quand j'aime, je ne sais pas où elles sont, et ça me pèse.

dimanche 8 août 2010

Dziguédzine!


J'ai parfois la profonde impression de regarder ma vie passer.

Avant, lorsque je considérais le futur, et surtout toutes mes incertitudes qui y étaient reliées, je paniquais. Et quand je dis paniquer, c'était littéralement ça. Palpitations, vertiges, tutti quanti. Une sensation de vide dans la poitrine.

Depuis, j'ai appris à être davantage dans mon corps, et bien que ce soit un exercice à répéter à tous les jours, c'est encore la meilleure façon que j'ai trouvé pour rester dans le ici-maintenant. Je me suis rendue compte, par exemple, que d'ouvrir mon coeur, d'imaginer mon souffle caresser mon coeur, m'apaisait énormément.

Mieux : la franchise (le plus souvent possible, on s'entend!), surtout dans mes relations intimes (famille, amis, amoureux), me permettait de ventiler cette pression, d'être plus près de moi-même, et moins aliénée à cette perception que j'ai de ce que les autres peuvent penser de moi et de mes agissements. La franchise facilite donc un véritable contact avec moi-même, et avec mes limites. Processus toujours en évolution certes, comme chaque humain sur cette terre, mais qui porte ses fruits.

On choisit ce que l'on vit. Je sais que pour certains, cette phrase peut sembler horrible, mais je suis persuadée de sa véracité. Je crois fermement que l'on vit ce que l'on souhaite. Inconsciemment ou consciemment.

Je me rappelle d'une terrible époque de ma vie, où je me fuyais et je ne prenais pas soin de moi. Tout m'est arrivé à ces moments, et je me sentais victime de chaque emmerde qui m'arrivait. Avec le recul, je sais que ces moments-là, je les ai carrément demandés. Je voulais aller au bout de moi-même, de ma santé, pour tester mes propres limites, et tout y est passé. Inconsciemment, je sais maintenant que je voulais vivre ces horreurs pour me confronter à moi-même une bonne fois pour toutes. Et ne plus avoir le choix. Me voir dans le miroir, et que le reflet me claque les joues tellement fort que l'évidence triomphe : faut que ça change. Arrêter de branler pis change. Arrêter de brailler, de chialer, arrête de t'saboter pis botte-toi le cul pour VRAI, dziguédzine!!

J'ai eu mal au cul pendant un boutte. Avec le recul, cette grande noirceur, c'est dans les meilleures choses qui me soient arrivées.