samedi 28 janvier 2017

La guêpe

Pourquoi?

Pourquoi ce silence?

On s'est aimés.

Parfois je me demande si tu m'aimes encore.


Parfois, je me demande si tu m'as vraiment aimée.


Des jours où je suis légère et je ne pense pas une seconde à toi.

D'autres où j'obsède car je te vois en ligne sur Messenger alors qu'on n'est même plus amis.

Et que tu m'as mise en sourdine et que mes cris d'amour restent sans réponse.

Tu ne prends même plus la peine de les ouvrir.


Je suis comme une guêpe qui t'embête.

Tu ne voulais que manger tranquillement ton repas et boire ta bière.

Et je te tourne autour, j'empiète dans ton assiette, je renifle ta bouteille, avide de goûter un peu à toi.

À ces souvenirs qu'il reste de nous.

De toi.

Donc tu décides de rentrer en dedans. De fermer le moustiquaire.

Je vois des ombres de toi, je devine ce que tu vis, je me trompe assurément.

Malgré mon bourdonnement, mes tentatives d'entrer, je n'y arrive pas.


Car je t'ai piqué il y a de ça six mois.

Et que ça te brûle encore...
J'hésite entre la colère et le ressentiment, l'infinie tristesse, la désespérance.

Ça oscille, en fait. Incessamment.


Je le déteste et je l'aime.

Je le déteste pour tout ce qu'il me fait subir.

Je l'aime pour tout ce qu'il peut être.


Je sais. Ne pas aimer quelqu'un pour le potentiel qu'on voit au fond de ses yeux.

Pour l'instant, c'est ce qui est.


Mon coeur ne semble ne veut pas voir la réalité. Il aime et c'est tout.

Il aime envers et contre lui. Envers et contre son mutisme cruel.

Malgré son indifférence, son silence, son ressentiment.


Et ma tête qui ne voit plus clair. Qui virevolte entre comprendre son choix, se révolter contre ce choix, vouloir reprendre contact, vouloir le couper à jamais,...


Rien n'y fait.

Au moins, je ne m'en veux plus. Ou presque.

Je l'aime encore et c'est correct.

lundi 25 janvier 2016

Blanc sur noir
Noir sur blanc
Gris gris
Une infinité de nuances de gris
Anthracite, Charbon, Gris moineau, Gris nuage, Gris souris, Gris tes yeux
Ça tourne, ça se mêle
Pis ça devient carrément fade.

Gris plate.
Gris drabe
Gris

Juste Gris.

G.R.I.S.

Rien d'excitant là-dedans.


dimanche 15 janvier 2012

Beuverie poétique

Des fois, je m'étonne moi-même.
Engorger autant d'alcool
Autant de levure vivante...

Au goût de miel, au goût de lime,
M'assombrir de rythmes saccadés
On parvient à un niveau éphémère, à une félicité, à une frénésie éthérée

Les corps se précipitent derrière le bar, à verse, comptabiliser, veiller.
À toucher les épaules en signe d'allégeance ; je t'aime, tu payes bien, et c'est bien.

Mais ce sentiment n'en est pas moindre... Car je soupçonne tout barman de vraiment aimer ce qu'il fait, la complicité qu'il entretient à coups de shooters et de hi five.
Et tous ces barmen ont fondamentalement quelque chose de tendre et d'avenant sur la bouche, entre les bras.
J'attends l'étincelle
Devinez ce qu'il y a à en dire
Lanternes, sonnez le gong
Pressons le pas

Car si je vois bien
Si la distinction est telle
Si au-delà de tout, contre et envers
Je respire à ce que je crois
J'aspire à ce que je veux

Le train est en marche
Et les rails se suivent
Les traits diffèrent
Pour le mieux, désormais
J'approche de ce qui fut
L'éclat de sa venue se pointe
Timide... mais à peine
Car les souvenirs fourmillent encore

Et l'ancienne beauté me cligne aux lèvres
J'en gave mes cils, mes paumes en gardent les délices

Je me porte le plaisir en gueule
Et ça se jouit de moi

mercredi 28 décembre 2011

Maudit temps des Fêtes...

Toute jeune, le temps des Fêtes, c’était l’occasion de jouer plus au Super Nintendo avec ma sœur, descendre dans le champ en pente en crazy carpet, être super excitée à l’idée d’ouvrir mes cadeaux. En quelques mots, c’était l’extase! Tout me semblait beau, magique!

Mes yeux de nouvel adulte me rend grissailleux le temps des Fêtes… Non seulement suis-je célibataire depuis peu, avec bien entendu son lot de gaffes post-relationnelles avec le dit monsieur, et cette espèce de fichu vide dans la poitrine en pensant à lui, aux remarques décourageantes de mon oncle «Es-tu seulement sûre qu’il t’ait aimée? Oui? Autant que toi tu l’as aimé? Ah, tu vois…» Alcool, solitude au milieu de la foule familiale, les cousins avec leur toute nouvelle et charmante progéniture, la culpabilité de tout : manger, pas assez manger, trop bu, donner, pas assez donner, trop recevoir, pas assez aider, etc.

J’adore ma famille, mais pas trop souvent, et pas trop longtemps. Suis-je méchante? Je ne crois pas. Je me sens souvent comme une biche dans une famille de ratons laveurs. On mange pas la même chose, c’est pas les mêmes sujets qui nous touchent ou nous repoussent, notre milieu naturel n’est pas le même. On reste des petits animaux sensibles mais bien dissemblables.

Et ce cerf que je pensais avoir trouvé, et qui faisait la paire,… Ce qu’il me manque. Alors que j’ai amplement le temps de penser et de ressasser le cours des événements, j’en viens à remettre en question tout ce que je croyais. Ai-je été aimée?

Me semble qu’on est bien loin des contes de mon enfance. À bien y penser, ce cerf était sûrement plus raton que cervidé, finalement.

J’ai juste hâte qu’il fiche le camp de mon cœur une bonne fois pour toute.