Peut-être trop aiguisée? Certainement déguisée. Surtout ces temps-ci.
Ben ma langue, j'y tiens. Je n'ai rien à priori contre les anglophones. Les fois où je suis sortie du Québec, j'ai particulièrement apprécié pouvoir dialoguer dans cette langue si répandue. C'est magnifique parce qu'il est possible de se faire comprendre autant des Hollandais que des Italiens, et même des Péruviens. Magique quand même! Mais quand je suis peinarde en train de magasiner au centre-ville, et que je dois quasiment harceler un employé d'une certaine chaîne de vêtements un peu cheap pour adolescentes pour simplement savoir où sont leurs cabines d'essayage, et qu'il n'est même pas foutu d'approximer un français «au fond à droite»... merde que je suis découragée. Non seulement les jeunes ont-ils un terrible français, empiré avec les sms, textos, patentes à gosse techonologisées... mais aucun effort n'est fait pour obliger les employés à savoir un gros minimum de français.
À l'heure où l'on parle de l'expresse obligation d'être fluent en anglais pour avoir un poste (aussi banal soit-il), c'est quasiment optionnel (voire juste optionnel) de parler la langue officiel de la province. Bordel! On n'est pas en Ontario à ce que je sache! Ou au Yukon!
Je me rappelle avec un peu de nostalgie ma prime jeunesse. J'habitais à NDiGi dans le temps. J'allais à une grosse école francophone, mes voisins de gauche et de droite étaient anglophones, et j'étais sincèrement persuadée que c'était les seuls de tout le quartier, que le hasard avait fait en sorte qu'ils étaient nos voisins et c'est tout. Ils étaient gentils, et j'étais véritablement incapable d'échanger le moindre mot avec eux. C'est eux qui s'adaptaient et je croyais que c'était normal.
Les temps ont vraiment changé. Et je me sens un peu nounoune là. Et un peu désillusionnée.
