samedi 4 juillet 2009

La myopie grouillesque

J'en ai marre d'être toujours gentille. 

Une gentille petite grenouille. Une grenouille un peu greluche. 

Qui veut plaire. Au plus de monde possible. La greluche «pogne son air», comme dirait ma grande amie, de plus en plus ces temps-ci. 

J'ai le mot sur le bout de la langue... ah oui.... c'est ça.

Aliénée.

Je suis aliénée au regard d'autrui. Pis je suis pas la seule. On l'est crissement tous. Certains plus que d'autres. Un effet secondaire de vivre en société, je gage. 



J'ai essayé quelque chose récemment. Port de lunettes mais sans les lunettes. Lunettes sagement rangées, épinglant mon T-shirt. Et je marche, myope finie que je suis, à travers les dédales d'une rue beaucoup trop fréquentée.

Et miracle. Je me retrouve plus légère. Je sens les gens, mais leurs regards ne m'intimident plus. 

Je devrais essayer de recréer ça avec des verres de contact.

lundi 29 juin 2009

Ce poème est dur. Je l'ai écrit sur le coup de la colère. Il y quelques mois déjà.
J'ai envie de le retaper ici. Parce que je ne suis pas seulement gentille. Parce que quand j'ai mal, et quand je suis en criss, c'est le genre de choses que je veux écrire. 
Et je sens le besoin de le transcrire parce que j'ai de bonnes raisons de me replonger dans cette colère. Pour mieux redécoller. 

Il y a eu un gars. Non, ce n'était pas un homme. On s'est entre-déchirés. Voilà le résultat : 


À me faire languesalifier ainsi, tu t'attendais à quoi?
Assise sur ton bike, je me pavane
Dans les méandres de ton amertume
Car crois bien que ma fureur est plus grande encore

Je fais le tour, je déambule
J'aguiche, je triche, je me moque
De ta petitesse, de ton étroitesse
Car tu me l'as prouvé, tu es paumé

Et bien qu'avant tout ça j'ai été sotte
Là je me retrouve piquée au vif par ton mépris
Ta médisance cherche à m'enculer
Et moi je riposterai, checke moi ben aller!

Car le jeu auquel tu joues me divertissait bien
Mais les rôles ont changé de main
Et le pion se retrouve sur le perron de ses émotions
Et je me venge de la plus belle façon
Tu es mort dans ma maison!



Je crois que ma compassion a su enfin trouver ses limites. Et je sais que «it takes two to tango». Je crois par contre qu'on est tous aptes à avoir de belles relations. Tout simplement pas avec n'importe qui. Amen

mercredi 20 mai 2009

Dunkin, rocker au coeur tendre

Ecouter activement le cri de vie d'un gars qui a braille toute sa chienne de vie.
Pis lui faire promettre de jamais au grand jamais se departir de sa guitare.
Parce qu'a part son chum Alax, c'est la chose la plus precieuse qu'il possede.

Hommage a un gars qui m'a marque hier. Il voulait une minute de mon temps. Il m'a offert un moment magique d'honnetete et de musique. Un des rares moments ou les gens se regardent encore dans les yeux. Pis se disent qu'ils sont chanceux de partager des moments ensemble.

Oui ils etaient saouls. Oui je me suis faite chanter la pomme. Oui je leur ai paye une bonne grosse biere. Oui c'etait pas toujours juste! Mais le coeur qu'ils y ont mis! Alax a l'harmonica, Dunkin a la guit electrique plogguee a son ampli a piles, c'etait juste parfait. J'etais heureuse de m'etre arretee, de me faire regarder comme une bizarre qui fraternisait avec des "SDF", parce que ces gens-la etaient vrais. Pas parfaits, bien loin de la meme, mais vrais.

La valeur d'un coeur ne se mesure pas a la quantite de diplomes ou du degre de reussite.


Parait que j'ai ete un ange. Ben je realise que les anges peuvent se visiter entre eux. Pis qu'ils n'ont pas toujours la tete qu'on s'attend.

mardi 19 mai 2009

Zombies versus createurs

Yeux hagards. Teint livide. Les zombies ne se donnent pas la main. De mauvaise grace, ils descendent 6 pieds sous terre, serrent les dents et plasmodient des paroles qui resonnent dans leur tete. Pour oublier que tels des esclaves, ils vont offrir leur vie, leur sang, leur energie a des machines societales. Tout ca en echange d'un peu plus de temps au soleil. Ironie du sort que la majorite accepte. Ironie du sort inculquee. Contribuer. Faire sa part.
Mais est-ce vraiment contribuer si on y va a reculons? Mais est-ce vraiment contribuer si l'individu y perd de son essence?

Je pense a des gens que j'ai croises dans un cafe voila quelques jours. Etudiants en litterature. Et passionnes. Et convaincus que leur quete ne sert pas a la societe. Parce que c'est ce qu'on leur a repete. Et parce que c'est ce qu'ils ont probablement fini par croire.

Je me demande si un jour on finira par vraiment comprendre l'apport essentiel de ces gens qui offrent leur imagination en guise de bons services a la communaute. Et si un jour on reconnaitra que toute contribution a sa valeur et que l'intelligence n'est pas que mathematiques.

samedi 16 mai 2009

Prendre son espace : un mode d'emploi parmi d'autres

J'ai expérimenté une belle façon de prendre mon espace récemment. Tout simple. Je me rendais alors chez une amie de ma mère l'aider dans sa boutique, et je me sentais un peu anxieuse, sans raison précise. La journée était belle et chaude, lumineuse surtout. L'envie m'a alors pris de bouger les doigts. D'abord doucement et timidement. Un doigt à la fois. Puis le geste se fit plus précis, pour ressembler à des mouvements de flamenco. Vers l'extérieur, vers l'intérieur, vers l'extérieur, vers l'intérieur. Mes phalanges éventaient l'air. Éventails de fortune et de chair. Les bras s'y mirent, suivant le rythme de la musique de Keita qui caressait mes tympans. J'eus tôt fait d'y prendre vraiment goût. Comme une réintégration corporelle et spirituelle qui élève. Une tendre manipulation de l'énergie qui se presse autour de moi. Une actualisation de soi. Un je-m'en-fous-d'avoir-l'air-fou qui libère et me fait sourire avec délice.

Trémoussement de lilas

J'adore ces soirées fraîches, où le vent chatouille les lilas, alors que la pluie de toute une journée a nettoyé l'air de la ville. La citée me semble plus paisible et plus amie. 
Le vent amène des effluves parfumées, que je respire à fond. Je me rappelle alors de mes marches dans la forêt lorsqu'enfant, j'aimais me perdre dans le vert. 
Mais je crois que ce que j'aime le plus de ces nuits fraîches, c'est la solitude qu'elles créent. Le vent qui donne ce sentiment de puissance de vie. Et les gens qui n'ont pas réalisé tout ça et qui me laisse plus de place pour les vivre.

vendredi 15 mai 2009

Et les feuilles pleurent

En route pour le travail. Après m'être arrachée des bras chauds de mon amant, et engouffré ses fruits au goût de soleil, je me rue sous un astre vigoureux qui m'accueille de ses rayons. Quitter un homme pour retrouver de la lumière, voilà un échange qui m'apparaît équitable.

Le printemps est tout en éclat. Les feuilles vert tendre juchées aux bras des arbres s'allument en alternance. Les yeux fatigués s'empilent devant les miens. J'observe cette ronde, cette farandole de corps exténués, d'esprits encombrés et j'y vois une procession. Le sacré y est peu-être sous-représenté, mais la foi est palpable. La foi qui flirte avec l'ego. L'ego qui, pour son sauve-conduit, est prêt à bien des bassesses.

Et ces yeux s'en retourneront, cernés d'heures sans fondement, en leur nid où, au chaud, ils consoleront leur âme esseulée. Si jamais elles ne les ont pas déjà abandonnés.

Moi je tâche de porter la mienne comme foulard de soie, posé tendrement sur mon coeur.

jeudi 14 mai 2009

Étranges circonstances. Car je suis là, accoudée sur les fausses planches d un bureau encombré de responsabilités, et je retrouve maintenant ce feu d'écrire. Ecrire même si je ne serai pas lue, écrire juste pour vider ce trop-plein.
Je me retrouve donc acculée dans un rôle pas fait pour moi, dont je ne remplierai les devoirs que pour quelques dizaines d'heures. Et devant l'énormité du temps salarié qui m'est alloué (et malgré la triste vérité qu'est un clavier anglosaxon), je me sens réintégrer cette âme de réflexionneuse qui me manquait, dans le fond.

Et devant cette même largesse de la vie, qui m'offre l'occasion de me laisser aller à mes réflexions, je dirai oui comme à un habile amant retrouvé. Consentante, les yeux ravis et gourmands.
Ecrire pour s entendre. Enfoncer pour ressentir.

J ai enfin atteint ma premiere cible. J esquisse a present un futur. Une trail comme dirait mon amie Genevieve. Un trail un peu cahoteuse, mais que j ai choisi de plein gre. Cahoteuse oui. Lumineuse surtout. Les pieces se placent. Un vent favorable les pousse dans la bonne direction. Un vent annonciateur de nouvelles moissons. Des semences pele-mele se deposent.
Je suis l epouvantail qui veille, les yeux plein de soleil, emerveille devant la beaute de la vie.

mercredi 7 janvier 2009

2009... 

Enfin!

Je t'attendais depuis si longtemps!

Et je vois déjà dans tes yeux les flocons de beauté qui m'attendent...
et je pressens les découvertes présentes et à venir ...

Plein de promesses, 2009 je t'aime déjà! :)