Toute jeune, le temps des Fêtes, c’était l’occasion de jouer plus au Super Nintendo avec ma sœur, descendre dans le champ en pente en crazy carpet, être super excitée à l’idée d’ouvrir mes cadeaux. En quelques mots, c’était l’extase! Tout me semblait beau, magique!
Mes yeux de nouvel adulte me rend grissailleux le temps des Fêtes… Non seulement suis-je célibataire depuis peu, avec bien entendu son lot de gaffes post-relationnelles avec le dit monsieur, et cette espèce de fichu vide dans la poitrine en pensant à lui, aux remarques décourageantes de mon oncle «Es-tu seulement sûre qu’il t’ait aimée? Oui? Autant que toi tu l’as aimé? Ah, tu vois…» Alcool, solitude au milieu de la foule familiale, les cousins avec leur toute nouvelle et charmante progéniture, la culpabilité de tout : manger, pas assez manger, trop bu, donner, pas assez donner, trop recevoir, pas assez aider, etc.
J’adore ma famille, mais pas trop souvent, et pas trop longtemps. Suis-je méchante? Je ne crois pas. Je me sens souvent comme une biche dans une famille de ratons laveurs. On mange pas la même chose, c’est pas les mêmes sujets qui nous touchent ou nous repoussent, notre milieu naturel n’est pas le même. On reste des petits animaux sensibles mais bien dissemblables.