En route pour le travail. Après m'être arrachée des bras chauds de mon amant, et engouffré ses fruits au goût de soleil, je me rue sous un astre vigoureux qui m'accueille de ses rayons. Quitter un homme pour retrouver de la lumière, voilà un échange qui m'apparaît équitable.
Le printemps est tout en éclat. Les feuilles vert tendre juchées aux bras des arbres s'allument en alternance. Les yeux fatigués s'empilent devant les miens. J'observe cette ronde, cette farandole de corps exténués, d'esprits encombrés et j'y vois une procession. Le sacré y est peu-être sous-représenté, mais la foi est palpable. La foi qui flirte avec l'ego. L'ego qui, pour son sauve-conduit, est prêt à bien des bassesses.
Et ces yeux s'en retourneront, cernés d'heures sans fondement, en leur nid où, au chaud, ils consoleront leur âme esseulée. Si jamais elles ne les ont pas déjà abandonnés.
Moi je tâche de porter la mienne comme foulard de soie, posé tendrement sur mon coeur.
vendredi 15 mai 2009
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2 commentaires:
Belle écriture Annie. Vraiment.
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